Les couleurs du dogue allemand : les cinq robes du standard, et les autres
Caractère et comportement du dogue allemand

Les couleurs du dogue allemand : les cinq robes du standard, et les autres

Fauve, bringé, bleu, noir, arlequin : ce que le standard reconnaît, ce qu'il refuse, et pourquoi certaines couleurs coûtent plus cher ou posent un problème de santé.

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Fauve, bringé, bleu, noir, arlequin : ce que le standard reconnaît, ce qu'il refuse, et pourquoi certaines couleurs coûtent plus cher ou posent un problème de santé.

Un dogue allemand fauve, un arlequin et un bleu sont le même chien. La robe ne change ni le format, ni le caractère, ni les besoins. Elle change en revanche le prix demandé, la façon dont l’éleveur a construit sa portée, et parfois le risque sanitaire du mariage qui a produit le chiot. C’est pour ça qu’elle mérite d’être comprise avant l’achat, et pas seulement regardée.

Les cinq robes reconnues

Le standard de la race décrit cinq variétés. Les voici avec ce qui les distingue réellement à l’œil.

RobeDescriptionCe qui la disqualifie
FauveJaune doré à fauve foncé, masque noir sur le museauAbsence de masque, taches blanches étendues
BringéFond fauve rayé de bandes noires nettesRayures diffuses, fond grisâtre
BleuGris acier uniforme, sans reflet fauveTaches blanches larges, teinte délavée
NoirNoir laqué uniformeReflets roux, panachure importante
ArlequinFond blanc pur, plaques noires déchiquetées bien répartiesPlaques grises, fond moucheté, plaques trop grosses

Sur le fauve et le bringé, le masque noir est un élément recherché, pas un accessoire. Un fauve sans masque est régulièrement écarté par les juges.

Sur l’arlequin, la difficulté est la répartition. Un fond blanc franc avec des plaques irrégulières et bien espacées est difficile à obtenir, et c’est précisément ce qui rend cette robe exigeante à produire.

Le manteau — noir et blanc en plages nettes, avec une répartition qui évoque une cape — occupe une place particulière : admis dans plusieurs pays, il est le plus souvent traité avec le groupe de l’arlequin et du noir.

Pourquoi les éleveurs ne mélangent pas les robes

C’est le point que la plupart des acheteurs découvrent trop tard. Les robes ne sont pas interchangeables du point de vue de la reproduction : elles sont réparties en groupes de couleurs que les clubs de race demandent de ne pas croiser au hasard.

Schématiquement, on distingue le groupe fauve-bringé d’un côté, le groupe arlequin-noir-manteau de l’autre, le bleu ayant son propre régime. Mélanger ces groupes produit des chiots aux robes imprévisibles, souvent non conformes, et surtout cela fait perdre la maîtrise de ce que la portée va donner.

Un éleveur qui vous annonce un mariage entre deux robes de groupes différents ne fait pas de la création : il fait de l’à-peu-près. C’est un signal à prendre au sérieux, au même titre que les autres critères de choix d’un élevage.

La question du merle, qui n’est pas une couleur

Le mot revient sans arrêt dans les annonces, et il est mal employé. Le merle n’est pas une robe du dogue allemand : c’est le facteur génétique qui produit l’arlequin.

Un chien merle — fond gris marbré de noir — peut naître d’un mariage impliquant l’arlequin. Il vit normalement et ne présente aucun problème particulier du seul fait de sa robe.

Le danger apparaît ailleurs. Quand deux porteurs du facteur sont accouplés ensemble, une partie des chiots reçoit le facteur en double. Cette combinaison est associée à des atteintes sévères, souvent conjointes, de la vision et de l’audition : chiots majoritairement blancs, sourds, malvoyants ou aveugles.

C’est la raison pour laquelle les mariages arlequin × arlequin sont encadrés, et pourquoi une annonce qui met en avant un « merle rare » à prix majoré doit vous faire reposer le téléphone. La rareté annoncée est ici le symptôme d’un croisement que personne de sérieux ne recommande.

Les couleurs qu’on vous vendra comme rares

Il circule un vocabulaire commercial qui n’a aucune existence officielle : blanc, chocolat, merlequin, fauve dilué, et diverses inventions. Ces chiens existent, ils naissent, et beaucoup vivent très bien. Mais il faut savoir ce qu’on achète.

  • Une robe non reconnue n’ouvre pas la confirmation, donc pas la reproduction inscrite.
  • Elle résulte le plus souvent d’un croisement hors groupe, ou d’un apport extérieur à la race.
  • Le supplément de prix demandé rémunère une rareté fabriquée, pas un travail de sélection.

Le blanc mérite un mot à part : un dogue majoritairement blanc est fréquemment le produit du double facteur merle décrit plus haut, avec les conséquences sensorielles qui vont avec. Ce n’est pas une couleur, c’est un accident de mariage.

Si le budget est votre critère, l’écart de prix entre robes est un mauvais terrain de négociation. Les postes qui comptent réellement sur la vie du chien sont ailleurs, et le budget complet d’un dogue allemand le montre sans ambiguïté.

Ce que la robe ne dit pas

Aucune des cinq variétés n’est plus calme, plus solide ou plus fragile qu’une autre. Le tempérament se joue sur la lignée et sur ce que vous en faites, comme le détaille notre page sur l’éducation du dogue allemand.

Sur la santé, même logique : les affections qui pèsent réellement sur la race — torsion d’estomac, dysplasie, troubles cardiaques — ne connaissent pas la couleur du poil. La seule exception est le double facteur merle, qui n’est pas une robe mais une erreur de croisement.

Le vrai tri se fait sur les dépistages des parents, la conduite de l’élevage et la conformité du mariage. La robe vient après, quand tout le reste est vérifié.

Choisir sa robe, concrètement

Si vous avez le choix dans une portée conforme, prenez la robe qui vous plaît : c’est un critère esthétique et il est légitime. Deux remarques pratiques cependant.

Le bleu et le noir montrent la poussière, les poils morts et les traces de bave plus visiblement sur les vêtements sombres, l’inverse pour le fauve. Détail futile, mais vous le vivrez tous les jours.

L’arlequin et le manteau, avec leurs zones de peau claire, demandent un peu plus d’attention à l’exposition solaire prolongée sur les parties dépigmentées, au même titre que les autres points de vigilance de l’entretien quotidien.

Pour le reste, un dogue est un dogue. Le chien qui vous suivra pendant huit ans se choisit sur son élevage et sur son caractère, pas sur sa couleur.

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