Entretien et toilettage du dogue allemand

Entretien du dogue allemand : pelage court, mais oreilles, griffes et cals

Le poil court réclame peu, le gabarit crée des besoins que les autres races n'ont pas : cals du coude, oreilles tombantes, griffes qui s'usent mal.

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Le poil court réclame peu, le gabarit crée des besoins que les autres races n'ont pas : cals du coude, oreilles tombantes, griffes qui s'usent mal.

Le pelage du dogue allemand demande un brossage hebdomadaire et rien de plus. L’entretien réel de la race se situe ailleurs : les cals du coude et du sternum liés au poids sur sol dur, les oreilles tombantes mal ventilées, et les griffes qui s’usent mal chez un chien qui marche peu sur du dur. Ce sont des besoins de gabarit, pas de poil.

Le pelage : peu de travail, mais une mue continue

Le poil du dogue allemand est court, lisse et collé au corps. Il n’a pas de sous-poil dense, donc pas de mue saisonnière spectaculaire comme chez un berger ou un husky.

En contrepartie, il perd du poil toute l’année, de façon régulière et discrète. Ces poils courts et rigides se plantent dans les tissus et les tapis, et le volume total est loin d’être négligeable sur un animal de cette surface corporelle.

Un brossage hebdomadaire suffit, et l’outil compte plus que la fréquence. Un gant de caoutchouc à picots ou une brosse en caoutchouc souple retire bien mieux le poil mort d’un pelage ras qu’une brosse à dents métalliques, laquelle glisse sans rien attraper. Le geste massage en même temps la peau, ce que le chien apprécie généralement.

En période de mue plus marquée, au printemps et à l’automne, deux passages par semaine suffisent.

Le bain : rare, et un problème pratique

Le dogue allemand n’a pas besoin de bains fréquents. Sa peau produit un film protecteur qu’un lavage répété élimine, ce qui provoque sécheresse et démangeaisons.

Deux à quatre bains par an couvrent l’essentiel, plus les lavages ponctuels après une sortie boueuse. Entre les deux, un gant humide ou une serviette suffisent largement.

Le vrai sujet est logistique, et il vaut la peine d’être anticipé avant l’arrivée du chien. Laver un animal de cette taille dans une baignoire domestique est difficile, souvent risqué pour le dos de l’humain, et le sol mouillé devient glissant — ce qui n’est jamais anodin sur un chien lourd.

Trois options existent, à choisir avant d’en avoir besoin : une douche italienne de plain-pied avec un tapis antidérapant, un lavage extérieur au jet par temps doux, ou un centre de lavage pour chiens équipé d’un bac à hauteur. La dernière option est souvent la plus raisonnable, et elle épargne la salle de bains.

Les cals du coude et du sternum

C’est le problème d’entretien le plus spécifique de la race, et le plus souvent négligé.

Un cal est un épaississement de la peau qui se forme aux points d’appui, là où le poids du corps comprime la peau contre l’os à chaque fois que le chien se couche. Chez un animal lourd qui se couche sur du carrelage ou du parquet, la pression est considérable et répétée des dizaines de fois par jour.

Les points concernés sont les coudes, les hanches et le sternum. La peau y devient épaisse, grise, dépilée, puis parfois fissurée. Une fissure peut s’infecter, et le traitement est alors nettement plus long que la prévention.

La prévention repose presque entièrement sur le couchage, et c’est une bonne nouvelle : c’est un problème qu’on résout par un achat.

Support de couchageEffet sur les cals
Sol dur nuTrès défavorable, cals quasi assurés
Couverture posée à même le solInsuffisant, s’écrase sous le poids
Matelas en mousse mémoire de forme épaisseFavorable, répartit la pression
Lit surélevé à toile tendueFavorable, très bon en extérieur et par temps chaud

Deux précisions pratiques. La surface doit être assez grande pour que le chien s’y allonge entièrement, pattes tendues : un couchage trop court laisse les coudes déborder sur le sol dur, ce qui annule le bénéfice. Et il faut plusieurs couchages, dans les pièces où le chien s’installe réellement, sinon il se couchera là où il veut être plutôt que là où le matelas se trouve.

Un cal déjà installé peut être assoupli par un hydratant adapté à la peau canine, mais il ne disparaîtra pas. Une fissure, un suintement ou un gonflement relèvent du vétérinaire.

Les oreilles tombantes

L’oreille du dogue allemand naturellement tombante recouvre le conduit auditif, ce qui limite la circulation d’air. La chaleur et l’humidité s’y maintiennent, et c’est un environnement qui favorise les otites.

Le contrôle visuel doit être hebdomadaire, et il est rapide : soulevez le pavillon, regardez, sentez. Les signaux à retenir sont une odeur inhabituelle, une rougeur, un excès de cérumen brun foncé, et surtout un chien qui secoue la tête, se gratte l’oreille ou penche la tête d’un côté.

Le nettoyage se fait avec un produit auriculaire vétérinaire, en remplissant le conduit, en massant la base de l’oreille, puis en laissant le chien secouer avant d’essuyer le pavillon avec une compresse. Deux interdits fermes : jamais de coton-tige dans le conduit, et jamais d’eau ou de produit non conçu pour l’oreille.

Un point de calendrier : les périodes humides et les baignades augmentent la fréquence à laquelle il faut vérifier. Un chien qui nage demande un contrôle après chaque sortie.

Les griffes, et le lien avec les articulations

Voici le point que l’on comprend rarement, et il a des conséquences sérieuses sur un chien lourd.

Les griffes s’usent naturellement quand le chien marche sur des surfaces abrasives — bitume, gravier, béton. Un dogue allemand qui vit surtout à l’intérieur et se promène sur de l’herbe ou de la terre ne les use pas.

Quand une griffe devient trop longue, elle touche le sol avant le coussinet. Le chien modifie alors la position de son pied pour éviter l’appui douloureux, ce qui décale l’alignement de tout le membre. Sur un animal de cette masse, une mauvaise posture répétée sollicite anormalement des articulations déjà exposées.

Le test est simple et se fait à l’oreille : sur un sol dur, on ne doit pas entendre cliqueter les griffes quand le chien marche. Si on les entend, elles sont trop longues.

La coupe se fait toutes les trois à six semaines selon l’usure, avec un coupe-griffes adapté à un ongle épais. On ne coupe que la partie translucide de l’extrémité : la zone rose visible en transparence contient un vaisseau et un nerf, et l’entamer est douloureux et saignant. Sur des griffes foncées, où cette zone ne se voit pas, on retire de petites quantités successives — ou l’on fait faire le geste par un vétérinaire ou un toiletteur.

N’oubliez pas les ergots, ces griffes situées à l’intérieur du membre quand elles sont présentes. Elles ne touchent jamais le sol, ne s’usent donc jamais, et peuvent s’enrouler jusqu’à pénétrer la peau.

Les dents, les yeux, les coussinets

Trois postes plus rapides, mais qui font partie de la routine.

Les dents. Le tartre s’accumule comme chez toute race, et un détartrage sous anesthésie générale est une intervention que l’on préfère éviter sur un chien de ce poids. Un brossage régulier avec un dentifrice canin, ou à défaut des objets à mâcher adaptés, réduit nettement ce risque.

Les yeux. Un essuyage doux à la compresse humide, du coin externe vers l’intérieur, suffit à l’entretien courant. Un écoulement coloré, un œil qui reste fermé ou une rougeur persistante justifient un avis vétérinaire.

Les coussinets. À vérifier après les sorties, notamment en été sur le bitume chaud et en hiver sur les sols salés. On y trouve parfois des corps étrangers, et les fissures se traitent d’autant mieux qu’elles sont vues tôt.

Le rythme, en une routine

FréquenceGeste
HebdomadaireBrossage, contrôle des oreilles, coup d’œil aux cals
Toutes les 3 à 6 semainesGriffes et ergots
Plusieurs fois par semaineDents, si possible
Après chaque sortieCoussinets, et oreilles après baignade
2 à 4 fois par anBain

L’ensemble représente peu de temps, à condition d’être régulier. Le principal facteur de réussite n’est d’ailleurs pas la technique mais l’habituation : un chien de 60 kilos qui refuse qu’on lui touche les pattes ne se laisse pas couper les griffes, et il n’existe aucun moyen de l’y contraindre par la force.

Ces manipulations s’apprennent donc pendant que le chiot est léger et malléable, en séances courtes et positives. C’est le même principe que pour la marche en laisse, et il découle du calendrier d’apprentissage que nous détaillons dans notre article sur l’âge auquel commencer l’éducation d’un chiot dogue allemand.

Deux liens de fond méritent d’être signalés. Le choix du couchage, présenté ici comme une question de cals, est aussi une question articulaire pendant la croissance, sujet traité dans notre article sur la croissance du chiot dogue allemand. Et la contrainte des sols durs et glissants est l’un des points structurants de la vie en intérieur, que nous abordons dans notre article sur le dogue allemand en appartement.

Questions fréquentes

Le dogue allemand perd-il beaucoup ses poils ? Il n’a pas de mue saisonnière massive, faute de sous-poil dense, mais il perd du poil de façon continue toute l’année. Ces poils courts et rigides se plantent dans les tissus, et le volume est significatif compte tenu de la surface du chien. Un brossage hebdomadaire au gant de caoutchouc réduit nettement le phénomène.

Qu’est-ce qu’un cal du coude et comment l’éviter ? C’est un épaississement gris et dépilé de la peau, formé aux points d’appui par la pression répétée du poids sur un sol dur. La prévention passe presque entièrement par le couchage : un matelas épais ou un lit surélevé, assez grand pour que le chien s’allonge pattes tendues, et présent dans les pièces où il s’installe réellement. Un cal fissuré ou suintant doit être vu par un vétérinaire.

À quelle fréquence couper les griffes d’un dogue allemand ? Toutes les trois à six semaines selon l’usure naturelle. Le test fiable consiste à écouter : sur un sol dur, les griffes ne doivent pas cliqueter quand le chien marche. Des griffes trop longues modifient l’appui du pied et sollicitent anormalement les articulations, ce qui n’est pas anodin sur un chien de ce poids.

Comment nettoyer les oreilles d’un dogue allemand ? Avec un produit auriculaire vétérinaire : remplir le conduit, masser la base de l’oreille, laisser le chien secouer, puis essuyer le pavillon à la compresse. Jamais de coton-tige dans le conduit, jamais d’eau. L’oreille tombante ventile mal, un contrôle visuel et olfactif hebdomadaire est donc justifié.

À quelle fréquence baigner un dogue allemand ? Deux à quatre fois par an suffisent, plus les lavages ponctuels après une sortie boueuse. Des bains trop fréquents éliminent le film protecteur de la peau et provoquent sécheresse et démangeaisons. La difficulté est surtout pratique : prévoyez une douche de plain-pied avec tapis antidérapant, un lavage extérieur, ou un centre de lavage équipé d’un bac à hauteur.