Syndrome de wobbler chez le dogue allemand : la démarche qui doit alerter
Santé et longévité du dogue allemand

Syndrome de wobbler chez le dogue allemand : la démarche qui doit alerter

Le wobbler touche particulièrement les races géantes. Les signes précoces à reconnaître, ce que le diagnostic implique, et pourquoi la démarche chancelante arrive tard.

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Le wobbler touche particulièrement les races géantes. Les signes précoces à reconnaître, ce que le diagnostic implique, et pourquoi la démarche chancelante arrive tard.

Le nom vient de l’anglais to wobble, tituber. Il décrit le stade avancé, et c’est précisément ce qui rend ce syndrome piégeux : quand la démarche devient franchement chancelante, la compression est déjà installée depuis longtemps.

Le dogue allemand fait partie des races chez lesquelles cette affection est bien décrite. Elle mérite d’être connue des propriétaires, non pour s’inquiéter à chaque faux pas, mais pour reconnaître les signes discrets qui précèdent.

Ce qui se passe

Le syndrome porte le nom savant de spondylomyélopathie cervicale. Il désigne une malformation ou une dégénérescence des vertèbres du cou et de leurs articulations, qui aboutit à une compression de la moelle épinière à ce niveau.

La moelle transporte les informations entre le cerveau et les membres. Comprimée, elle transmet mal, et les premiers signaux à se dégrader sont ceux qui informent le chien de la position de ses pattes. L’animal perd la perception fine de son arrière-main avant de perdre la force.

C’est ce qui explique la chronologie des signes, et pourquoi les propriétaires les manquent.

Les signes, dans l’ordre où ils apparaissent

StadeCe que vous observez
PrécoceDémarche traînante de l’arrière-main, pattes qui « raclent »
PrécoceOngles postérieurs usés sur le dessus, plus vite que les antérieurs
PrécoceDifficulté à se relever, hésitation sur sol glissant
InstalléRaideur du cou, réticence à baisser la tête vers la gamelle
InstalléDémarche instable, oscillation de l’arrière-train
AvancéPerte d’équilibre, chutes, atteinte des antérieurs

Le signe le plus utile est l’usure anormale des ongles postérieurs. Un chien qui ne relève plus complètement ses postérieurs frotte le dessus de l’ongle au sol à chaque pas. Cette usure est objectivable, elle apparaît tôt, et elle se remarque en retournant simplement la patte.

Le second signe précieux est la réticence à baisser la tête. Un dogue allemand qui hésite à manger dans sa gamelle au sol, ou qui adopte une posture bizarre pour le faire, peut avoir mal au cou. Attention à ne pas en tirer la conclusion inverse : ce n’est pas une raison pour surélever la gamelle, pratique associée à un risque accru de torsion d’estomac, comme l’explique notre page sur la gamelle. C’est une raison de consulter.

Ne pas confondre avec autre chose

Beaucoup de propriétaires attribuent ces signes à l’âge, ou les confondent avec des affections plus connues de la race.

L’arthrose produit une raideur et une difficulté à se lever, mais rarement cette usure caractéristique des ongles ni l’oscillation de l’arrière-train. Voir l’arthrose du dogue allemand.

La dysplasie de la hanche provoque une boiterie et une gêne à l’effort. Elle se distingue notamment parce qu’elle touche l’articulation elle-même, sans le déficit de perception qui caractérise une atteinte nerveuse. Voir la dysplasie.

La distinction ne se fait pas à l’œil : elle demande un examen neurologique et de l’imagerie. Ce qui compte du côté du propriétaire est de ne pas ranger ces signes dans la case « il vieillit » et de les faire évaluer.

Le diagnostic et la prise en charge

Le diagnostic repose sur un examen neurologique puis sur l’imagerie, l’IRM étant l’examen de référence pour visualiser la compression et sa localisation précise.

La prise en charge dépend de la forme, du stade et de l’âge du chien. Elle peut être médicale — repos strict, anti-inflammatoires, adaptation du mode de vie et du matériel — ou chirurgicale, avec plusieurs techniques selon le type de lésion.

Il serait malhonnête d’annoncer ici un pronostic : il varie beaucoup selon les cas, et cette décision appartient au vétérinaire après imagerie. Le seul élément constant est que le stade auquel le chien est vu pèse lourd sur ce qui peut être fait.

Ce qui réduit le risque, et ce qui l’aggrave

Une part de ce syndrome est constitutionnelle et ne se prévient pas. D’autres facteurs relèvent en revanche de la conduite du chien.

La croissance est le levier principal. Un chiot de race géante nourri trop richement, ou supplémenté en calcium, grandit plus vite que son squelette ne peut l’encaisser. Le sujet est détaillé dans la croissance du chiot dogue allemand et dans choisir des croquettes.

Le poids adulte vient ensuite : chaque kilo excédentaire charge une colonne déjà sollicitée.

Le collier, enfin. Sur un chien de 70 kilos qui tire, toute la traction passe par les cervicales — exactement la zone concernée. C’est l’une des raisons pour lesquelles le harnais s’impose sur cette race, comme l’explique choisir un harnais pour dogue allemand.

Si votre chien présente l’un des signes précoces décrits plus haut, la conduite à tenir est de consulter, sans attendre qu’il titube.

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